À Los Angeles, une Française, Émilie, séparée de l'homme qu'elle aime, cherche un logement pour elle et son fils de 8 ans, Martin. Elle en trouve un, y installe des meubles récupérés dans les déchets jetés à la rue. Son désarroi est plus exprimé par les autres qu'elle observe que par elle-même, vivant silencieusement un exil démultiplié. Elle tape à la machine face à l'océan. Quelques flashes de sa passion passée la troublent et elle consacre à son fils toute son affection.
« _Documenteur_ » est un docu-fiction intellectuel et froid sur l’histoire d’une Française et de son fils, expatriés dans les quartiers miséreux de Los Angeles après leur séparation d’avec le père. C’est tout à la fois un témoignage sur la vie difficile de ces ghettos et une forme d’introspection autour de la solitude et des souvenirs intimes (attention : images de nus pouvant choquer les plus puritains). Les plans-séquences sont longs et parfois rebutants, à l’image de cette nouvelle vie faite de débrouillardise et de petits boulots, tandis que le grain de l’image (lié à la mauvaise conservation du master d’origine) distille une nostalgie qui ne fait pas rêver. La voix off accentue ce sentiment de noirceur et ce quotidien désargenté. Le scénario n’évolue guère et se contente d’une succession d’images sans véritable ligne conductrice. Quel message Agnès Varda voulait-elle faire passer ? Le mystère reste entier.