En 2176, la Terre a fait de Mars une colonie minière où 640 000 personnes tentent de vivre dans un environnement hostile. A Chryse, la capitale de la vallée sud, le lieutenant Melanie Ballard et son équipe reçoivent l'ordre de transférer James "Desolation" Williams, un criminel de la pire espèce, à la Cour de justice. Ils débarquent alors dans la ville abandonnée de Shining Canyon. Seuls Desolation et une poigné de détenus, enfermés dans leur cellule, semblent être les rescapés d'une terrible catastrophe. Des cadavres mutilés jonchent les couloirs de la prison. Au même moment, au fond du cratère de la mine à ciel ouvert, un étrange rituel se déroule. Des milliers de guerriers en transe s'adonnent à des rites barbares et sanglants. Le Bien va s'allier au Mal pour combattre le Pire.
Carpenter s’est littéralement lâché dans le gore et le bourrin avec *« Ghosts of Mars »*. Il faut imaginer le désarroi du spectateur lambda (et de nombreux fans) pour parvenir à faire la part des choses entre le côté trash du film et l’approche politique sous-jacente, habituelle chez John Carpenter. La bande originale heavy metal (!!!) n’arrange évidemment pas les choses.
Rien à redire concernant une mise en scène toujours très personnelle : c’est du Carpenter pur jus. Pourtant, l’étrange rythme du film fait perdre une partie de l’angoisse à chaque scène de carnage. Il n’y a finalement rien de véritablement effrayant. On devrait pourtant ressentir une terrible claustrophobie : l’action se déroule sur Mars, en 2150, près d’une mine isolée peuplée d’humains possédés par une entité extraterrestre. Rien que ça.
Quelque part, *« Ghosts of Mars »* ressemble à *« The Thing »*, mais avec la peur viscérale en moins. Les acteurs sont un peu en retrait, pour une fois. Ils font correctement leur travail, mais manquent de charisme. En revanche, les apparences des « possédés » et le clin d’œil à Marilyn Manson sont excellents.
Pour les effets spéciaux, Carpenter opte, comme à son habitude, pour une approche volontairement vintage. Les décors évoquent d’ailleurs clairement ceux de *« Total Recall »* de Paul Verhoeven. Ce qui ressort de ce délire très « made in Carpenter », c’est une réflexion intéressante : face à une menace d’extermination de l’humanité, le manichéisme disparaît. Le « bien » (Mélanie, la policière) et le « mal » (Désolation, le meurtrier) finissent par s’associer pour survivre.
Les lectures du film sont multiples. Ce n’est certainement pas le meilleur Carpenter, mais cette œuvre atypique mérite malgré tout d’être découverte.