Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l'Asie comme terrain d'élection, dans l'espoir d'y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les touristes, il fait la connaissance d'un couple de Francais, Françoise et Etienne. Dans la nuit, un homme au regard halluciné fait irruption dans sa chambre et évoque une île secrète, une plage paradisiaque, où il aurait vécu plusieurs années au sein d'une petite communauté d'esprits libres. Le lendemain, Richard retrouve une carte de l'île et le cadavre de Daffy.
*« La Plage »* est une belle analyse de tous les idéaux que l’on peut avoir à 20 ans et des désillusions qui souvent en découlent. Le film commence avec un réalisme saisissant, dans un pays mythique : la Thaïlande. Le tourisme industriel fait froid dans le dos et l’arrivée sur l’île paradisiaque apparaît comme une échappatoire à cette inéluctable migration touristique.
Le réalisateur, Danny Boyle, nous offre un voyage à mi-chemin entre le paradis sur terre et un long cheminement mental. Le cadre naturel est magnifié et les acteurs, très pros — Leonardo DiCaprio en forme et le couple Ledoyen/Canet en pleine évolution — compensent une histoire dont les choix scénaristiques peuvent ponctuellement décevoir.
On passe toutefois un excellent moment, immergé dans cet univers paradisiaque qui se transforme progressivement en enfer. La fin se révèle un peu ambiguë, avec plusieurs interprétations possibles : soit DiCaprio est rentré dans le rang de la société capitaliste après son passage sur l’île, qui lui a procuré toutes les émotions de plaisir et de peur dont il rêvait ; soit on perçoit chez le personnage un regret éternel après cette expérience dont il s’est nourri.