À l'heure où la pellicule se meurt, où les superproductions font entendre leurs voix à grands renforts d'effets spéciaux, d'images de synthèse et de projections en 3D, le réalisateur du diptyque OSS 117 retrouve son acteur fétiche pour un retour aux sources plein de charme et de fraîcheur, une ode aussi sobre que salvatrice pour les amoureux d'un septième art sans artifices. Un film muet en noir et blanc, lancé au milieu d'une horde de scénarios aux dialogues affligeants et d'images au caractère surfait : il fallait oser, et Hazanavicius l'a fait. Au passage, on l'en remercie. Sa déclaration d'amour au cinéma des premiers temps est à la fois drôle, légère, romanesque et poétique, mais surtout ambitieuse et joliment rythmée, au point que même les profanes du cinéma muet l'apprécieront et se prendront (peut-être ?) à se tourner vers un art qu'ils ne connaissaient pas. Cette mise en abyme de la chute d'un acteur à un moment clé de l'histoire du cinéma est bourrée de clins d'œil malicieux, de subtilités sympathiques et recèle une intensité dramatique de premier ordre. La mise en scène est impeccable, les costumes et décors d'époque sont parfaits, la musique superbe... Quant aux acteurs, Jean Dujardin en tête, ils sont grandioses. On en reste sans voix !